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@ Pascale Marchesini Arnal

Probabilité d'un effondrement selon l'ONU

Chaque année, l'ONU publie un « bilan mondial sur la réduction des risques de catastrophe » (GAR2022). La conclusion du millésime 2022 est sombre : l’accélération des catastrophes naturelles et des crises économiques fait grandir la probabilité d’un effondrement de la « civilisation » (comprendre : du mode de vie occidental).

Jacques Tiberi, le - # Actualités

Voici ce qu'écrit le rapport (à retrouver en intégralité ici) : « L’empreinte physique et écologique de l’Homme accélère le rythme du changement. (…) Lorsque les risques systémiques deviennent des catastrophes en cascade, alors les systèmes risquent de s’effondrer ».

« Perturbations humaines »

C'est la première fois dans son histoire que l'ONU ose publier de telles conclusions, pointant du doigt les politiques étatiques actuelles, responsables de ce risque d'effondrement. Sans changement radical – c'est-à-dire sans décroissance économique et démographique – nous allons droit à notre fin. Étonnamment, les grands médias n'ont pas vraiment relayé ce rapport.

Les analyses de l'ONU sont basées sur celles de Stockholm Resilience Centre, fondé en 2009 pour étudier « les perturbations humaines » qui « déstabilisent le système Terre à l’échelle planétaire ».
Selon cet institut, nous aurions violé 4 des 9 limites planétaires : changement climatique, sécurité, flux biochimiques, entités nouvelles (résultant de l’activité humaine type métaux lourds).

Mais, selon le chercheur Will Steffen, nous serions plus probablement à 6 sur 9 : les limites d’acidification des océans et de consommation d’eau douce seraient probablement déjà dépassées ! D'ailleurs, il est fort probable que les 9 limites soient atteintes avant 2030.

Risque existentiel

La rapport de l'ONU site, en référence, un article signé de Thomas Cernev (chercheur au Centre for the Study of Existential Risk de Cambridge) selon lequel « la poursuite d’une politique Business as usual et l’incapacité à adopter des changements politiques drastiques signifient que la civilisation humaine se dirige inexorablement vers l’effondrement » (source).

Thomas Cernev identifie 4 scénarios dont celui de « Terre stable » qui exige une décroissance mondiale, radicale et rapide (ce que les Nations Unies appellent le « cadre de Sendai »). Malheureusement, ce scénario implique une coopération internationale très forte qui semble totalement impossible aujourd'hui, tant la guerre en Ukraine a dégradé les relations internationales.

Les 3 autres scénarios (« Terre menacée », « Terre incertaine » et « Effondrement global ») conduisent tous... à un effondrement plus ou moins brutal.

Tous ces scénarios se basent sur un effet domino : le franchissement de chaque limite planétaire entraîne systématiquement le franchissement d’autres limites, et ainsi de suite. Ce que l'on nomme des « boucles de rétroaction environnementale ». Dans cette boucle de rétroaction, les perturbations du système Terre déstabilisent les institutions politiques et économiques.

44 années de déni

Selon certaines commentateurs, comme Nafeez Ahmed du System Shift Lab, ces crises tendent à « inhiber les réponses politiques au réchauffement climatique » et provoquent de nouvelles perturbations du système Terre. C'est ce que l'on constate à chaque élection : plutôt que de renforcer les écologistes, ces crises renforcent l'extrême-droite. Il en résulte un effet cercle vicieux. Notre futur proche est donc davantage peuplé de conflits civils et militaires.

Le rapport GAR2022 des Nations Unies aurait dû faire la Une. Pourtant, il est resté inaudible voire édulcoré par les médias. On est clairement dans Don’t Look Up.

À chaque fois, le même schéma s'enclenche : ceux qui pointent le pire sont qualifiés de catastrophistes et décrédibilisés, même s'ils sont membres de l'ONU ou chercheurs au MIT. C'est le même schéma depuis 1978 et le rapport Meadows. À chaque fois, les mêmes données conduisent aux mêmes conclusions. Répétées depuis 50 ans. Déniées depuis 50 ans.

La preuve, en image dans cette vidéo de l'INA ; écoutez bien Valéry Giscard d'Estaing... son discours va vous rappeler celui d'une certaine Elisabeth Borne... 44 années d'immobilisme coupable.

Voir la vidéo de l'INA
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