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Edito n°1 - Larguez les samares !

Les samares sont les fruits du frêne, vous savez, avec une petite aile pour s’envoler. Si par mégarde vous avez oublié de lire le manifeste, il vous aura peut-être échappé qu’Yggdrasil, l’arbre-monde, est un frêne.

Par Yvan Saint-Jours, Pablo Servigne, dans Actualités -

Les samares sont les fruits du frêne, vous savez, avec une petite aile pour s’envoler. Si par mégarde vous avez oublié de lire le manifeste, il vous aura peut-être échappé qu’Yggdrasil, l’arbre-monde, est un frêne. Alors, quand le vent se lève, profitons-en pour envoyer des petites graines d’avenir tous azimuts… avant que les tempêtes n’arrachent définitivement l’arbre.

Yggdrasil est officiellement né au début de l’été 2019 (youpi !) et mourra à la fin du printemps 2022 (youpi aussi !), s’il survit d’ici là bien sûr ! Comme un organisme vivant, il est passé par une phase de gestation (financement participatif par KissKissBankBank), puis de croissance rapide, il entrera dans une phase de maturité et de stagnation, puis mourra. Au début de leur vie, les organismes reçoivent tout (merci aux contributeurs·trices !) ; devenus adultes, lorsqu’ils trouvent de bonnes conditions de vie, ils se mettent à donner, à leurs voisins, à leur progéniture, jusqu’au don final, le don total, la décomposition, la redistribution à l’écosystème.

Quel sera notre écosystème ? Il sera probablement fait d’associations, de collectifs, d’écolieux, d’individus, de magazines indépendants, d’organisations en tout genre… Nous avons trois ans pour le renforcer et le nourrir. Et, si nous avons commencé dans l’euphorie de l’ultra-croissance en utilisant les réseaux sociaux et un financement participatif en ligne, notre objectif est de finir bien enraciné, à la juste mesure, sans prothèse électronique et le plus nombreux possible. Nous avons trois ans pour apprendre. Se débrancher pour mieux se reconnecter !

Yggdrasil est le premier magazine papier francophone à ne traiter que de ce sujet : l’effondrement de notre monde. Ce mag n’est pas une panacée, mais juste une voie, celle qui nous semble juste à ce jour, une manière chaotique et vivante de créer des liens symbiotiques au sein de cet immense mouvement naissant… Vous le ressentez aussi ?

Ah ! Et si vous cherchez plus d’infos sur les catastrophes, vous ne les trouverez pas ici. Elles sont ailleurs, partout. La saturation des mauvaises nouvelles, c’était notre point de départ pour aller plus loin que le constat : apprendre à vivre avec les mauvaises nouvelles, ouvrir de multiples chemins de renouveaux, de résistances, de résiliences.

Nous sommes bien lucides sur le fait que, dans cet entre-deux, nous n’allons pas rencontrer que d’adorables petits oursons en peluches. « Le vieux monde se meurt, le nouveau tarde à apparaître, et dans le clair-obscur surgissent les monstres », disait l’écrivain et homme politique italien Antonio Gramsci il y a un siècle. Et pour conjurer les monstres, rien de tel que de bonnes histoires, un peu de lumière, des collectifs soudés et, parfois aussi, de l’huile de coude. Autrement dit, des fictions, du spirituel, des idées, du politique, du concret. Sans oublier l’essentiel : des animaux, des plantes, des champignons, des bactéries, des étoiles, de l’amour. Ça ne coûte rien d’essayer : au pire, on meurt...

Alors, prêt·e·s à envoyer tout valdinguer ?

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