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Top Gun : Maverick

Film de Joseph Kosinski
par Jacques Tiberi, le
Nouveauté, Fiction

Après avoir été l’un des meilleurs pilotes de chasse de la Marine américaine pendant plus de trente ans, Pete “Maverick" Mitchell continue à repousser ses limites en tant que pilote d'essai. Il refuse de monter en grade, car cela l’obligerait à renoncer à voler. Il est chargé de former un détachement de jeunes diplômés de l’école Top Gun pour une mission spéciale qu’aucun pilote n'aurait jamais imaginée. Lors de cette mission, Maverick rencontre le lieutenant Bradley “Rooster” Bradshaw, le fils de son défunt ami, le navigateur Nick “Goose” Bradshaw. Face à un avenir incertain, hanté par ses fantômes, Maverick va devoir affronter ses pires cauchemars au cours d’une mission qui exigera les plus grands des sacrifices.

Top Gun : Maverick traîne dans son sillage tout ce qui détruit le monde

« L’avenir est à nos portes. Et il se fera sans vous » balance Ed Harris à Tom Cruise. Le Top Gun de Joseph Kosinski, s'ouvre sur le portrait d'un homme - Maverick - dont le monde s'écroule : dépassé par les drones, les pilotes de son âge sont voués à disparaître. Quelques minutes de lucidité, suivies de deux heures de propagande. Un véritable spot de recrutement pour l'armée.

Deux heures de nostalgie sans vergogne pour de gros machins en forme de zizi qui crachent du kérosène, qu'il s'agisse d'avions ou de motos bruyantes. Deux heures dégoulinantes de fan service, de pathos, de violence deshumanisée. L'émotiomètre est à zéro. Même la chanson Take My Breath Away a disparu. Et pourtant le public jouit et applaudit en voyant des acteurs subir la torture de 5 ou 6 G subis dans un cockpit d'un jet supersonique en l'échange d'un gros cachet.

Deux heures d'un film sans queue ni tête, prisonnier de ses clichés à la gloire du complexe militaro-industriel américain. Résultat : des critiques dithyrambiques, notamment de l'extrême droite. Ainsi, le site Breitbart titre sur un Top Gun « masculin », « pro-américain », qui terrasse les « wokes ». La Fox célèbre « le triomphe de l’Amérique d’avant » (le wokisme) avec « une bande de militaires beaux gosses qui vont défendre le pays » (…) sans pollution de l'« inclusion » ni de la « diversité ».

Une narration pathétique. Une succession de scènes d'action explosives. Un hymne à l’hyper virilité, à l'homme fort qui se relève toujours et a toujours le mot de la fin. Une ode aux super-techno-héros. Des femmes et des hommes qui, hors de leur machine, ne sont plus que des êtres toxiques ou des paumés qui s'ignorent. Une team qui n'est qu'un faire-valoir d'un Tom Cruise qui refuse de vieillir. Quant aux 20 dernières minutes, elles sont littéralement pompées sur la scène de la tranchée de l’Etoile de la Mort dans Star Wars.

La seule scène touchante est celle où Val Kilmer - atteint d’un cancer à la gorge - apparaît pour son chant du cygne, avec une voix synthétique recrée par intelligence artificielle. N'aurait-on pu intégrer son handicap dans le scénario ?

Bref, Maverick incarne littéralement tout ce qui a détruit notre monde : le virilisme, la technofolie, le bellicisme, la certitude d'une supériorité de (certains) hommes sur toute chose, la volonté permanente de dépasser les limites de la nature au nom de son égo, le mal-être dans la civilisation, l'addiction au pétrole, en un mot, la connerie humaine.

PS : le film a fait 156 millions de dollars au box-office en un seul week-end aux Etats-Unis.

Direction : Joseph Kosinski
Scénario : Ehren Kruger, Eric Warren Singer et Christopher McQuarrie
Pays d'origine :États-Unis
Date de sortie :
Durée :131 min
Distribution :Tom Cruise, Miles Teller, Jennifer Connelly, Ed Harris

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