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La Relève et la Peste

Presse alliée
par Pablo Servigne, le

La Relève et la Peste est une maison d'édition et un média 100% indépendants qui s'autofinancent en totale autonomie. Sa portée est humaniste, écologiste et surtout antiraciste.

À la base, Jérémie Carroy, 25 ans, jeune diplômé de l’ISC (école de commerce) en 2015, qui, dès son diplôme en poche, crée sa boîte grâce à un petit financement participatif.

Il s’agit d’une maison d’édition indépendante et en totale autonomie financière, qui vit uniquement de ses ventes de livres (zéro pub, zéro investisseur, zéro prêt bancaire). Oui, c’est rare.

Pourquoi fait-il un truc aussi absurde (dans un monde d’abominable compétition économique) ? Pour « mettre en avant des sujets peu, voire jamais traités dans nos médias ». Le pire, c’est que c’est beau !

La revue annuelle, au format A5, est imprimée en peinture pantone (ni quadrichromie, ni numérique). Résultat : c’est magnifique (ça ne pixellise pas), mais c’est fastidieux et ça coûte un bras. Tant pis.

Et dedans ? On casse les codes de la presse : ouverture à plat, belle reliure fil rouge, style graphique toujours différent et conçu de manière artisanale par un bureau artistique (Bureau Nuit)... qui va même jusqu’à inventer ses propres typos !

Sur le fond ? « La Relève et la Peste est fondée sur des valeurs humanistes, écologistes et antiracistes », elle s’adresse principalement aux 25-35 ans. Tous les articles du « livre-journal » sont écrits par des spécialistes reconnus (non rémunérés) qui écrivent des articles de fond à condition de faire l’effort d’un style accessible (Jean-François Gayraud, Joël de Rosnay, Hubert Reeves, Valérie Cabanes, etc.).

La maison propose donc plusieurs choses :
1. un « livre-journal » annuel de 136 pages tiré à environ 10.000 exemplaires, pour 20 euros ;
2. un site web avec des articles en ligne quotidiennement (écrits par des journalistes pigistes) ;
3. des enquêtes plus poussées (dont une très lue sur la dette) ;
4. des interviews vidéos chaque semaine ;
5. des petits livrets papier (des « manifestes ») à 10€, dont le premier, intitulé Nous ne sommes pas en démocratie !, met en avant les dérives de notre système électoral et propose une assemblée constituante tirée au sort ;
et 6. depuis cet automne... une BD ! (Tout va bien, enfin, ça va aller).

Le directeur de publication, Jérémie, porte beaucoup sur ses épaules ; il se donne à fond pour rester indépendant, parce que, pour lui, « le monde de la distribution, c’est abusé, ils se prennent des marges hallucinantes ». Il arrive à se salarier chichement et à payer trois salariés à la pige. Bon, c’est bien tout ça, mais c’est quoi, ce nom étrange ?

Et Jérémie de citer Albert Camus : « Le mal qu’éprouve une seule personne devient vite une peste collective. » Et il ajoute, « la Relève, c’est pour reprendre le mouvement d’une nouvelle génération qui doit s’informer et s’éveiller différemment. L’association des deux a créé La Relève et La Peste. »

Voilà un mystère élucidé !

Parution occasionnelle (une à trois par an), disponible essentiellement sur leur site Internet ainsi que dans une cinquantaine de librairies (mais pas la FNAC ni Amazon). Le livre-journal n° 4, dont le thème est le vivant, est paru fin novembre.

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