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La Vague montante

Roman de Marion Zimmer Bradley
par Corinne Morel-Darleux, le
Classique, Fiction

En 1955, Marion Zimmer Bradley imagine une société d'abondance frugale soustraite à l'empire de la technologie. Avec une quinzaine d'années d'avance sur le fameux "Rapport Meadows" (1972), Marion Zimmer Bradley développait dans cette novella (l'une des premières qu'elle a écrites) les thèmes encore insolites du rejet de la croissance économique et du recours limité et pragmatique à la technologie.

La collection Dyschroniques, au Passager Clandestin, exhume des nouvelles de science-fiction ou d’anticipation qui viennent éclairer le présent et nous aider, le cas échéant, selon les termes du collectif d’auteurs de SF Zanzibar, à « désincarcérer le futur ».

C’est le cas de La Vague montante de Marion Zimmer Bradley, publiée initialement en 1955, qui imagine une utopie futuriste faite de sagesse, de low-tech, de patiente mesure et de joyeuse frugalité.

Cette longue nouvelle ressemble à un court roman, dans lequel l’équipage du vaisseau spatial Homeward retourne sur Terre après 130 années d’exil sur Alpha du Centaure. À leur arrivée, loin de la société ultratechnologique qu’ils s’attendent à trouver, ils tombent sur l’exact opposé : « le nouveau système semblait la simplicité même. On possédait autant de terrain qu’on pouvait en cultiver tout seul, et tout ce qu’on pouvait fabriquer de ses propres mains. On donnait une partie de son travail là où c’était utile et, en retour, on pouvait prendre tout ce dont on avait besoin soi-même. [...] Tout ce qu’on pouvait désirer et qui dépassait le strict nécessaire, on pouvait l’obtenir par le travail, une bonne gestion de ses biens, et des arrangements de personne à personne. »

Le texte décrit une société de villages, à l’image du fédéralisme libertaire, autonomes sur l’essentiel de la subsistance, organisés sur un principe de liberté, sans lois ni État, solidaires entre eux pour ce qui ne peut être résolu au niveau local et nécessite des compétences pointues, médicales ou scientifiques.

Dans la lignée de La Science, la Paix, la Liberté d’Huxley paru en 1946, et vingt ans avant Ivan Illich, l’écrivaine étasunienne met en récit la notion de « seuil de contre-productivité » : des usines de haute technologie, une centralisation de la distribution et des « unités alimentaires », tout cela « signifierait des centaines et des milliers de personnes entassées dans des usines, juste pour exécuter ce travail. Sans plus avoir le temps de cultiver et cuisiner leur propre nourriture, ou vivre leur vie. C’est un trop grand prix à payer. Ça n’en vaut pas la peine. »

Pendant le voyage du Homeward, « l’effondrement a eu lieu. Chacun de ceux qui ont survécu a eu à faire ce choix : mourir dans son armure, ou l’enlever... ». Dans ce nouveau monde, les avions sont cloués au sol car « Qu’est-ce qu’on a à faire de si pressé ? L’essentiel est de disposer de transports rapides les rares fois où on en a vraiment besoin », et les climatologues discutent de production d’œufs à coquille noire et d’élevage de vaches laitières...

Les jeunes technophiles du Homeward, d’abord décontenancés, voire réfractaires à ce qui s’apparente pour eux à une régression et à un gâchis de l’esprit humain, apprendront que le progrès n’est pas toujours là où on l’attend... Puissions-nous en faire autant !

Auteur(s) : Marion Zimmer Bradley
Éditeur : Le Passager Clandestin
Date de parution :
Nombre de pages :144
ISBN :978-2-36935-233-4
Collection :Dyschroniques
EAN :9782369352334

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