Ce livre montre que nous ne parviendrons à sauver nos libertés politiques, et en particulier la première de toutes, qui est de continuer à vivre sur une planète habitable, qu’en adoptant une conception renouvelée de la souveraineté et en rabattant drastiquement nos prétentions économiques.
Le philosophe Dominique Bourg continue son chemin vers une pensée écologique plus radicale, à la fois combative et spirituelle. Après un plaidoyer pour revoir notre rapport au monde (Une autre Terre, 2018), il repart dans une réflexion politique, se heurtant ainsi aux grandes forces « destructives » que sont devenues les multinationales protégées par sacro-saint Marché. Ce dernier empiète sur la souveraineté des États, empêchant tout changement « terrien » (terrestre, diraient d’autres).
Court plaidoyer pour un pouvoir politique retrouvé qui puisse s’opposer au tsunami nommé « Marché », ce livre, par sa petite taille, stimulera autant qu’il frustrera. On en redemande !
À titre individuel, nous n'avons jamais été aussi riches et en aussi bonne santé. Au même moment, la survie de l'espèce humaine dans son ensemble n'a jamais été aussi menacée. En dépassant la capacité de charge de notre environnement, nous mettons en cause aujourd'hui notre propre existence. Que faire ? Les tentations sont nombreuses : celle du repli sur soi du survivalisme, celle de la fuite en avant du transhumanisme, celles aussi hélas de l'eugénisme et de l'exterminisme visant à éliminer une partie de la population jugée nuisible ou inutile.
Un vent de collapsologie souffle aujourd’hui sur l’écologie politique. Le réchauffement climatique, la raréfaction des ressources fossiles, l’érosion de la biodiversité, la prolifération nucléaire se poursuivent, année après année, décennie après décennie. L’effondrement n’est-il pas la fin logique de cette fuite en avant ?