Malgré les alertes, notre société s’effondre. Cette série anthologique en 8 épisodes suit les trajectoires d’individus et de familles, à différents moments et en différents lieux, contraints de survivre dans un monde qu’ils ne maîtrisent plus.
Le choc de cette tragédie en huit actes vient de la promiscuité avec notre vie quotidienne. C’est tellement à portée de main qu’on se demande si ces situations absurdes sont encore évitables...
Le malaise vient de là : les riches ont déjà des îles sécurisées, la culture de l’égoïsme est encore enseignée dans les écoles, les plus vigilants font déjà des stocks et des communautés de vie, les mesures de résilience alimentaire d’urgence ne sont même pas envisagées, et les émissions de télé, n’en parlons pas...
Le piège, donc, avec cette série remarquablement écrite et réalisée, c’est qu’elle nous fasse confondre récit et réalité par un effet magique du genre « plus c’est réaliste, plus c’est vrai » (sous-entendu, c’est comme ça que ça va se passer). Le piège inverse, inhérent à toute fiction, c’est qu’on peut la balayer d’un revers de main, en prétendant que c’est simplement une fiction.
Pendant le visionnage, outre les torrents d’adrénaline et de cortisol, j’avoue avoir ressenti un soulagement de voir enfin magnifiquement mises en récit ces idées que nous portons depuis des années. Car les idées sont intrinsèquement froides, elles ne percutent pas facilement les têtes et les cœurs, il est très difficile d’en faire des leviers de changement.
En revanche, les récits ont cette puissance, cette chaleur, qui permettent d’immédiatement toucher le cœur, et de provoquer du mouvement. Espérons que cette série fasse des vagues !
Connaissant ce projet des Parasites depuis des mois, je l’imaginais trop sombre et pessimiste. A posteriori, je crois que j’avais peur de ma peur. Après avoir vu l’ensemble d’une seule traite, je me suis dit que j’avais eu tort. Certes, la série est sombre, mais elle m’a aidé à me confronter à mes peurs. Merci pour ça, pour ce chef-d’œuvre. N’ayons pas peur des maux (sic) !