Voici l’essai d’intervention du député-reporter François Ruffin sur l’urgence climatique et sociale. Un ouvrage coup de poing qui s’adresse à la jeunesse (et aux autres) afin que la lutte et l’espérance donnent naissance à un véritable front populaire écologique.
Avec ce petit essai très touchant, stimulant et sincère, le député François Ruffin s’est donné pour but de réconcilier les deux grands mouvements d’aujourd’hui. « Consommer moins, répartir mieux : le vert et le rouge, l’écologique et le social. » (p. 147) Il manque un chouïa pour qu’ils se rencontrent.
Le livre commence par une question d’incompréhension : lorsqu’il rencontre des jeunes activistes pour le climat, il est impressionné par leur engagement et leur sagesse, mais paradoxalement s’étonne de leur volonté de « mettre les différents de côté », d’apaiser les tensions avec la vieille génération (celle qui verrouille tout à l’assemblée, les « boomers »). Pour ces jeunes, on a d’autres choses à faire que de s’entre-déchirer pour des querelles gauche/droite d’un ancien temps, on parle de fin du monde ! C’est le fameux « on est tous dans le même bateau ».
François, l’infatigable militant des luttes sociales, est interloqué. Pacification ? Mais on est dans une guerre de classes que les ultra-riches sont en train de gagner ! Si nous sommes effectivement dans le même bateau (la Terre), ce bateau s’appelle le Titanic ! Les classes supérieures, responsables du naufrage, ont accaparé tous les canots de sauvetage discrètement et tentent de contenir la masse prolétaire enfermée dans les cales, qui n’a trouvé que des gilets jaunes à se mettre...
Le livre part donc de l’élan de raconter à ces jeunes ce que les luttes sociales ont permis de conquérir au fil des siècles. Une histoire de conquêtes, de défaites, mais aussi de victoires lorsque se rencontrent (trop rarement) la puissance du peuple avec le courage (et la clairvoyance) de quelques intellectuels et politiciens. Luttes il y a, luttes il y a eu, et luttes il y aura, forcément.
Dans ces pages stimulantes et chaleureuses (on y parle même de spiritualité, si, si !), le créateur du journal Fakir ne désigne pas seulement des coupables, il tente de rassembler. Pour lui, la grande alliance d’aujourd’hui, c’est la puissance des luttes sociales (fermetures d’usines, Gilets Jaunes, etc.) couplée à la puissance de la cause écologique (marches pour le climat, XR, etc.). L’une sans l’autre, c’est foutu.
Trouver un récit commun « pour que la fin de leur monde ne soit pas la fin du monde » (p. 132). Souhaitons à cet excellent petit livre un fulgurant succès auprès des jeunes !